Un mois à l'Ouest

Soumis par HashtagCeline le mer 13/06/2018 - 22:54
En ouvrant un roman de Claudine Desmarteau, il faut s’attendre à tout : au meilleur et parfois au pire.
#ClaudineDesmarteau

 

Troubles et T’arracher m’avaient laissée sur le carreau. Un mois à l’Ouest m’a finalement moins mise mal à l’aise. C’est un peu étonnant car ce roman mène la vie dure à son héros et nous, lecteurs, assistons à une suite d’événements incroyables et éprouvants.

Mais j’ai encore une fois vraiment accroché aux mots de Claudine Desmarteau. Quel texte !

#RésumonsUnPeu

 

Fred a quitté Strasbourg, sa ville natale, et vient d’arriver au Canada pour un mois.

La raison de sa venue : une fille.

Quand débute le roman, on comprend bien vite que la situation a tourné au vinaigre.

Résultat : au lieu d’un mois qu’il s’était imaginé idyllique, Fred va devoir le passer seul à se débrouiller pour trouver où dormir, de quoi manger et passer son temps. La douche froide.

De bonnes en mauvaises rencontres, de plans vraiment glauques en trajets en stop, Fred va sillonner un petit bout du Canada, passer par New York, les chutes du Niagara et bien d’autres endroits plus ou moins accueillants.
Pendant que l’on suit son parcours, Fred revient sur ce qui l’a amené au Canada et bien d’autres choses…

Car un mois, ça laisse aussi le temps de faire le point.
 

#RoadTripBadTrip

 

Claudine Desmarteau nous propose un road trip à sa façon. Et pour le coup, ça donne quelque chose de totalement déjanté.
 
Avec ce héros, on navigue entre une envie de rire (pas longtemps) et clairement une envie de le plaindre.

Il a été naïf, certes, il en a bien conscience. Et nous aussi. Mais bon, on fait tous des erreurs. 
Si certaines situations prêtent à rire, bien vite, elles sont contrebalancées par des scènes bien plus tendues où le danger n’est pas loin.
On ne sait pas trop quoi penser de tout ca. Ce voyage va-t-il aider notre héros ? Ce n’est pas forcément l’impression que l’on a, non. Du moins au début. 

Il boit beaucoup, fume, mange mal (il se gave d’œufs crus)… pour oublier son échec mais sans doute aussi pour d'autres raisons.

En même temps, c’est un ado un peu perdu au milieu d’un pays qu’il ne connaît pas qui vient de voir son rêve s’évanouir. Perdu, on le serait aussi à sa place.

Mais finalement, même s’il galère, il tient bon. Petit à petit, il se fait une raison, il se blinde. Il tient le choc. Et l’on sent que ce voyage ne lui laissera pas qu’un mauvais souvenir.

Comme je le disais plus haut, ce texte ne m’a pas mise mal à l’aise comme ses précédents mais il m’a tout de même un peu déstabilisée. A certains moments, je ne savais pas trop où l’autrice voulait en venir. Mais finalement, j’avais envie, comme Fred, de tenir bon.

Pour lui pas le choix d'avancer, pour moi si. Et je ne le regrette pas. Vraiment pas.

Je suis arrivée au bout du voyage avec Fred, un peu étourdie mais contente moi aussi de rentrer au pays.

Rétrospectivement, j'avais le sentiment que toutes ses rencontres, toutes ses bonnes et mauvaises choses qui lui étaient arrivées ne pourrait que l’avoir fait grandir et peut-être moi aussi un peu.

Les chapitres courts, le style saccadé et incisif de Claudine Desmarteau mettent les nerfs à rude épreuve. Cela donne beaucoup de rythme, les pages et les galères s’enchaînent.

J’aime vraiment son style. Alors oui c’est cru, parfois vulgaire, souvent violent mais il y a aussi des moments de grâce portés par une écriture vraiment puissante et brute.

Petites bulles d’air dans ce roman : les photographies en noir et blanc prises par le héros.
Elles sont apaisantes. On y ressent un certain calme et de la beauté.

Ce sont ces images qui resteront du voyage du héros. Finalement et paradoxalement, elles ne sont pas forcément représentatives des moments qu’il aura vécus. Bien souvent, on ne retient de certains voyages que les moments heureux, comme ceux figés, fixés par l’objectif d’un appareil.
Les photos trouvent tout naturellement leur place au cœur de ce roman décidément pas comme les autres.
 

#PourConclure

 

Honnêtement, tout ce que je peux vous dire, c’est que j’ai adoré ce texte et que je vous invite fortement à le lire.
Certes, ce n’est pas un roman « passe-partout » qu’on lit pour se détendre mais c’est un texte très fort qui vous remuera, obligatoirement.

Je me rends compte en écrivant ma chronique qu’il m’est difficile d’en parler encore. C’est parfois le cas sur certains textes que j’aime beaucoup.
 
Alors si vous n’avez jamais lu de romans de Claudine Desmarteau, tentez l’aventure.

Si vous avez déjà lu du Claudine Desmarteau, vous savez de quoi je parle et je n’ai pas besoin de vous convaincre.
 

#PourQui?

 

Pour ceux qui aiment voyager.

Pour ceux qui veulent sortir des sentiers battus.

Pour ceux qui ont le coeur bien accroché et qui aiment qu'on les bouscule un peu.

Un roman à lire au lycée. 

#ALaModeRoadTrip

 

J’ai lu l’un après l’autre deux romans sur des voyages mais dans deux genres totalement différents : Un mois à l’Ouest et Y aller  (bientôt sur mon blog)

Ces deux romans ont fait l'objet d'un article thématique dans la revue Page des Libraires (numéro été 2018)

Coup de cœur !
Collection
Editeur
Public
Date de sortie
Nombre de pages
176
Prix
14.50 €
Note
9
Langue
Français

#VosCommentaires

#OnContinue ?

Troubles
Un roman terrible et magnifiquement mené par Madame Claudine Desmarteau.
#adolescence, #trouble, #exces, #soirees, #drame, #identité
Les derniers des branleurs Les derniers des branleurs

“Il est quelle heure? C’est quoi la date? Il fait nuit ou jour? Tout ça n’a plus de sens. N’en a jamais eu, n’en aura jamais. Les mêmes choses en boucle.”


#lesderniersdesbranleurs, #vincentmondiot, #lddb, #actessudjunior
Butter
Quand le mal-être est trop grand, il arrive que des décisions complètement déraisonnables soient prises. Butter va nous le prouver.
#butter, #erinlange, #ecoledesloisirs, #mediumplus
Cette maison est hantée Cette maison est hantée

“On dit qu’ils sont tout blancs avec des trous à la place des yeux.
Et qu’ils sont difficiles à repérer.
Certains portent soi-disant des chaînes et rôdent…
#cettemaisonesthantée, #oliverjeffers, #ecoledesloisirs, #kaleidoscope

Amélia Fang et le bal barbare
"Que c’est barbant, un Bal barbare !" En tout cas, barbant, ce roman, lui, ne l'est pas.
#ameliafang, #lauraellenanderson, #casterman
Les chiens
Ce roman est un véritable concentré de peur. Moi qui aime les romans d'horreur, je me suis régalée...
#leschiens, #allanstratton, #milan, #horreur, #fantome, #famille
Colorado Train
C’est un premier roman déroutant que nous livre Thibault Vermot. Tout en explorant nos peurs les plus sombres, Colorado Train nous remet sur les rails d’une certaine nostalgie de l’enfance et de ses…
#coloradotrain, #thibaultvermot, #sarbacane
Les initiés Les Initiés

"-Il y a autre chose, dis-je tout bas en leur faisant signe de se pencher vers moi. Je n'arrête pas de penser à Graham. Et s'il était...innocent? Et si quelqu'un d'autre avait tué Shaila ?


#lesinities, #jessicagoodman, #pocketjeunesse #prixdeslecteurspkj2024
#ToutlemondedétesteLouise #ToutlemondedétesteLouise

“Je ramasse mes affaires et je sors de la salle en courant.
La surveillante gueule quelque chose, je m’en fous je veux sortir.
Dans la salle, personne ne parle mais j’ai l’impression…
#toutlemondedetestelouise, #anneliseheurtier, #casterman

L'Arcan
Un roman qui m'a prise de court mais qui m'a fait passer un bon moment.
#larcan, #thomasvillatte, #fleurus, #lireengrand