Kintsugi Le fil doré de ma vie

Soumis par HashtagCeline le jeu 03/11/2022 - 16:22

“Je voudrais qu’il y ait des ficelles accrochées aux extrémités de mes lèvres pour qu’elles se lèvent et me permettent de sourire. Devenir un pantin qu’un marionnettiste ferait vivre. Mais je ne suis que moi, et c’est à moi de faire bouger les ficelles. Alors, je tire, je tire, je bouge, je lutte et enfin je souris.”
 

#MathildeParis

C’est le deuxième titre que je lis de cette autrice. En 2021, j’avais dévoré Retrouvez-moi (paru chez Auzou également) que j’avais trouvé très original et un peu perturbant. Et j’avais eu l’opportunité de le chroniquer ( ICI ) pour la rubrique jeunesse de la revue Page des Libraires
Pour la deuxième fois, mais différemment, Mathilde Paris parvient à me chambouler avec ici l’histoire de Lorna, une jeune fille brisée qui va devoir peu à peu recoller les morceaux de sa vie. 
Résumé et explications du pourquoi Kintsugi Le fil doré de ma vie m’a beaucoup touchée.
 

#JeReviendrai,JeCrois

Lorna l’a senti avant d’en avoir confirmation : sa mère est partie. Elle n’a rien dit mais a laissé à chacune de ses filles une licorne en peluche et un mot : “Je reviendrai, je crois”. 
Lorna est anéantie et se pose des milliers de questions. Et puis, il y a Ebony, sa petite soeur de 6 ans tellement enjouée, devant qui il ne faut pas flancher. Et son père qui n’a pas l’air de réagir…
Il faut dire que ça n’a pas toujours été facile avec cette maman pas comme les autres capable du meilleur, comme du pire.
Lorna doit continuer à se lever, aller au lycée. C’est dur mais heureusement, il y a les Quatre Fantastiques, ses meilleurs amis : Tessa, Benji, Suzanne et Hugo.
Mais malgré cela, Lorna perd pied et sa colère prend le dessus. Lors d’une soirée, elle explose et c’est ainsi qu’elle rencontre un jeune homme au regard étonnant, qui vient la bouleverser encore plus qu’elle ne l’était déjà. Comme si une fissure en appelait une autre, d'autres brèches vont s’ouvrir, fragilisant Lorna.
Comment l'adolescente va-t-elle faire face, réparer ses blessures et éviter d’en infliger aux autres ?
 

#AvecLeTemps

La technique du Kintsugi ne m’était pas complètement inconnue. Il y a quelques mois, j’avais lu un très bel album sur le sujet : L’Ours Kintsugi de Victoire de Changy et Marine Schneider (Cambourakis, 2019). J’avais alors découvert cette technique étonnante et délicate qui magnifie la porcelaine ou céramique brisée comblant d’or les fissures.
Ici, le récit est jalonné de passages explicatifs de ce processus. Le kintsugi est le fil conducteur de cette histoire.
C’est déjà la promesse en soi de beaucoup d'émotions et de sensibilité.
Il y en a dans cette histoire. Mais il y a aussi, à l'inverse, de la colère et de la violence. Lorna est une héroïne qui souffre et qui va exprimer ses sentiments avec force.
L’autrice nous plonge au cœur d’un drame familial, comme il y en a beaucoup. Elle parvient à nous faire comprendre le mal-être de chacun à travers le regard de Lorna qui, si sa colère l’aveugle au départ, comprend petit à petit comment chacun réagit face à la douleur, à la perte. Et surtout qu’elle n’est pas seule à souffrir.
Mathilde Paris élargit l’onde de choc au cercle amical qui, quand un problème survient, est aussi fortement impacté. Cela peut faire resurgir d’autres tensions, mettre en parallèle d’autres difficultés. Lorna évolue dans un groupe d’amis que j’ai trouvé très bien représenté, très crédible. J’ai vraiment adhéré à leurs histoires et embrouilles.
Il y a donc tout un pan du roman qui tourne autour du départ de la mère de l’héroïne et toutes les questions que cela entraîne. Au plus profond d’elle-même, Lorna a cette peur viscérale d’être comme elle, comme sa mère.

Mais il y a aussi des intrigues amoureuses. Elles viennent étroitement se lier au reste. Lorna est dans un état de fragilité forte qui lui fait perdre ses moyens, ses repères. Toute cette partie de l’histoire est aussi plutôt bien ficelée. Si au départ je me suis un peu interrogée sur la possibilité des rencontres successives de Lorna avec son mystérieux sauveur au regard vairon, je me suis ensuite laissée convaincre. Le hasard et la vie nous offrent parfois de drôles de coïncidences. Alors oui, j’y ai cru aussi.
Et c’est avec beaucoup d’émotion que j’ai suivi Lorna dans ses doutes, ses accès de violence, de tristesse…tentant de mettre au clair son quotidien familial et amoureux. Je l’ai trouvée très touchante et courageuse. Très vraie. 

Mathilde Paris nous offre un récit qui ne va pas dans la facilité et qui pose un regard lucide sur les aléas de la vie. Elle aborde des thématiques difficiles comme l’absence d’un parent ou la maladie mentale mais aussi des sujets plus familiers comme l’amitié et l’amour. On s'initie avec plaisir à la culture japonaise et on passe quelques instants en apnée (pas seulement en piscine). On découvre l’art de la poterie. Et tout s’imbrique parfaitement.
De fait, le récit se déroule, rythmé par les étapes du Kintsugi qui accompagne Lorna sur le chemin de la résilience, sur le chemin qui la mène à elle. C'est passionnant.
Si une chose se casse, elle peut se réparer. Il faut accepter le fait que cette chose sera à la fois la même et différente. Et vivre avec.

Kintsugi Le fil doré de la vie est un très joli roman qui porte un beau message et qui met en scène la vie telle qu'elle est vraiment.
 

#PourQui?

Pour ceux et celles qui aiment les histoires de famille compliquées.
Pour ceux et celles qui aiment les belles histoires d’amour.
Pour ceux et celles qui aiment les héroïnes (ou héros) écorchées.
Pour ceux et celles qui se demandent ce qu'est le Kintsugi.

Pour tous et toutes à partir de 13-14 ans.
 

#Merci...

... aux éditions Auzou qui avec l’envoi de ce livre initie un nouveau partenariat dont je me réjouis énormément !
Ce roman qui m’a tant plu laisse augurer de très belles choses pour la suite de l’expérience.
Et pour finir, je tiens à souligner la qualité de maquette de ce roman qui est juste magnifique. 
 

 

 

Kintsugi
Editeur
Public
Date de sortie
Nombre de pages
200
Prix
14.95 €
Langue
Français

#VosCommentaires

#OnContinue ?

La fille d'avril
Annelise Heurtier... Une de mes autrices préférées dont je ne me lasse pas de vous parler.
#lafilledavril, #anneliseheurtier, #casterman, #letsread
Phalaina -Phalaina-

“Cette gamine, il faut bien le dire, avait tout du Malin.
Ses yeux rouges, déjà, étaient une étrangeté qui avait plusieurs fois fait frissonner Monsieur l’abbé… Le fait qu’elle ne parle pas…
#phalaina, #rouerguejeunesse, #alicebrierehaquet

Dis Ours, tu sors?
"Ours! C'est moi, Canard ! Ton voisin ! Il a neigé, mon pote ! Tu sors?"
#disourstusors, #joryjohn, #benjidavies, #littleurban
ABCDaire des métiers qui n'existent pas
Et toi, qu'est-ce que tu voudras faire quand tu seras grand?
#abcdairedesmetiersquinexistentpas, #claudinemorel, #didierjeunesse
Tous différents tous pareils (dossier Page des Libraires)
Parler du handicap avec humour sans tomber dans le cliché, mettre en scène la différence avec décence et sans tabou, c’est le pari réussi de Nos cœurs tordus de Séverine Vidal et Manu Causse, et…
226 bébés
"Bert n'avait plus une minute à lui. Jour et nuit, il était en train de nettoyer une paire de fesses, essuyer un nez, tapoter un dos, préparer un biberon, confisquer une paire de ciseaux, chanter une…
#226bebes, #florevesco, #stephanenicolet, #didierjeunesse, #monmarquepageplus
La Meute La Meute

"Comment j'ai pu en arriver là? Moi, la cool, la gentille, la tranquille, la bonne élève.

Dans le bureau de ce flic, tout est flippant, la couleur des murs, les uniformes... J'imagine les…
#lameute, #adeletariel, #magnardjeunesse, #presto

Comme des sauvages Comme des sauvages

"Tout à l’heure, hier, à propos des règles de chasse de la communauté, il avait pensé : «Quand je serai adulte», et c’était une pensée répugnante – mais il subodorait que dès lors qu’on l’a conçue…
#commedessauvages, #vincentvilleminot, #pocketjeunesse, #pkj

La maison des oiseaux La maison des oiseaux

"- Je suis là, Mamie, dis-je d'une toute petite voix.
- Oui, c'est vrai. Tu es comme Teddy.
- Tu m'as déjà dit ça hier.
- Ah bon?
- Tu ne parles jamais de lui. Et là, tu as…
#lamaisondesoiseaux, #alanstratton, #milan

La fille sans nom La fille sans nom

"Je me déteste moi. Oh, qu'est-ce que je me déteste ! Je ne suis qu'une fille sans nom, une esclave sans maître. Je manque de tout, même de courage et je n'ai rien. Je ne suis rien."…
#lafillesansnom, #maellefierpied, #lecoledsloisirs, #mediumplus