Les facétieuses

Soumis par adminceline le lun 22/08/2022 - 16:59

“Il y a des idées parfois comme ça. Elles sont une évidence, même si on en sait pas tout de suite ce qu’on va en faire.
Ni ce qu’elles vont faire de nous.”

#BidibiBobidiBou…

Même si ce n’est pas leur genre, les romans de Clémentine Beauvais ont tous quelque chose de fantastique… (Je vous en ai déjà parlé par ici ) Pour preuve, au moment où j’écris cette chronique, ça fait un mois que je n’ai rien rédigé pour le blog. Je peine un peu à trouver l’inspiration, la motivation et tout un tas de mots en -ion.

Et là, par magie (celle de l’autrice), je me sens d’humeur à m’y remettre. Ce roman m’a-t-il ensorcelée ou plutôt enchantée (comme me reprendrait sûrement l’un des personnages de cette histoire) ?
Sans aucun doute.

Alors pour tenter d'y voir plus clair, je vous résume et vous explique ce qui m’a redonné l’envie d’avoir envie.

#RésumonsUnPeu

Clémentine Beauvais est de retour en France après avoir été gentiment remerciée de son poste d’universitaire en Angleterre. Elle a le moral un peu en berne d’autant plus qu’elle manque (elle aussi) d’inspiration pour un roman qu’elle doit rendre à son éditeur (un certain Tibo Bérard).
A cela s’ajoute un désert sentimental et un déménagement prochain à préparer. Il faut bien avouer que mises bout à bout, toutes ces contrariétés sont contrariantes (oui je me répète).

C'est alors qu'une metteuse en scène de théâtre jeune public qu’elle est censé connaître (mais dont elle n’a aucun souvenir en réalité) lui propose un étrange projet : écrire une saynète sur un enfant-mort-enfant célèbre et plus précisément Louis XVII. Il est, en effet, “mort d’une mort atroce, laissé littéralement à pourrir dans la prison du Temple”. Tout un prgramme ! Clémentine est sceptique mais son début de recherche va la mener sur un mystère. Qui était donc la marraine la bonne fée de cet illustre petit garçon ? Pourquoi trouve-t-on le nom de celles de pratiquement tous les autres rois et nobles en tout genre mais pas le sien ?

Il faut qu’elle trouve une réponse. Mieux, il faut qu’elle écrive un livre sur le sujet !
 

#LaBonneFéeC

“Cette enquête - cette recherche - ce récit - je ne sais pas trop comment l’appeler, en tout cas pas un roman : ce n’est pas un roman (...)”

Voici comment débute ce nouveau texte de Clémentine Beauvais. Elle-même semble ne pas pouvoir le définir et effectivement, je pense qu’elle a raison de ne pas vouloir le faire entrer dans une case bien précise.

Ici, dès le départ, le lecteur ne sait pas où placer le curseur de la frontière entre l’imaginaire et la réalité. Clémentine Beauvais est l’héroïne de ce nouveau livre. Sans la connaître personnellement, j’ai en tête quelques éléments biographiques la concernant. Et lire un texte où elle se met en scène est un peu perturbant car on a tendance à imaginer que tout est vrai (c’est idiot mais c’est comme ça). Nous allons aussi croiser des noms connus du monde de l’édition et de la littérature jeunesse comme Tibo Bérard, Julia Thévenot ou encore Timothée de Fombelle. Dès le départ, cela nous place dans un contexte qui semble vrai et qui nous fait douter de tout.

Et cette histoire de marraine la bonne fée n’est pas complètement folle non plus même si c’est ce que tous ceux et toutes celles à qui l’autrice en parle semblent penser. Il faut dire que Clémentine Beauvais -l’héroïne pas la narratrice, enfin sont-elles dissociables? - mène une enquête très fouillée. Après de vagues recherches “dans Internet” et quelques manuels scolaires (dont elle nous retranscrit le contenu), elle pousse un peu plus loin ses investigations.  Ainsi, nous allons découvrir des documents inédits et rares tels des journaux intimes (dont un d’un personnage historique célèbre) ou des correspondances (très étonnantes).
Tout cela étoffe la théorie qui se matérialise petit à petit dans la tête de l’autrice (et que je ne vous dévoilerai pas) et rend le récit très distrayant. A cela s’ajoutent les différents échanges de mails avec son éditeur ainsi que Charles, son ami qu’elle aimerait à nouveau amant, ou encore Zacharie, un étudiant dont la thèse porte justement sur les marraines la bonne fée mais aussi le très condescendant Stéphane-Laurent de Contremouffe dont elle va faire la connaissance lors d’une dédicace de son livre Dindons, demoiselles, domestiques : Les responsabilités morales de l’homme du XVIIIe siècle :

“- Votre nom, mademoiselle ?
- Madame. Clémentine Beauvais.
- Toutes mes excuses pour ma méprise ; vous ne portez pas d’alliance.
- Je ne suis pas mariée ; je suis juste adulte.
Il rit, et l’encre se répand partout sur ma robe bleue ; il a dû en répandre beaucoup, car elle fait tout un dessin étrange, un visage qui rit à gorge déployée.
Il signe : "À madame Clémentine Beauvais, une adulte (estime-t-elle), ce livre qui parle de femmes comme elle, et des hommes qui les aiment et les protègent.”

L’enquête avance, le roman que doit rendre Clémentine un peu moins mais nous on se régale de ce récit saugrenu et déroutant. Où tout cela va nous mener ?
C’est là tout le talent de l’autrice (je le savais mais elle m’épate encore) de nous tenir en haleine, de nous faire croire à son enquête et de ne pas nous perdre en route alors même que son héroïne, elle-même, l’est un peu. Il y a de la magie, là aussi.

Il faut bien noter un élément très important, présent dans chacun de ses romans (ou presque) En plus de son érudition, Clémentine Beauvais a aussi et surtout beaucoup d’humour. J’ai repris quelques citations du texte mais c’est à chaque page que j’ai relevé des pépites.
Et de fait elle nous amuse tout en nous servant son histoire rocambolesque, incroyable, farfelue mais en même temps tout à fait crédible. Clémentine s'appuie sur du vrai qu'elle enrobe d'un peu de faux. On s'y perd et c'est juste délicieux de se laisser berner.
Je ne vous en dit pas plus sur ce texte qui a illuminé mes vacances par son inventivité, son esprit, sa maîtrise et sa malice.
Un coup de coeur !

“(...) J’ai juste envie de comprendre moi-même toutes les…toutes les facéties de ce sujet.
Delphine rigole.
- Facettes.
- Quoi?
- Toutes les facettes de ce sujet.
- C’est ce que j’ai dit.
- Tu as dit facéties.
- J’ai dit facettes.
- Si tu veux.”

 

#PourQui?

Les facétieuses est un ouvrage exigeant sans être inaccessible. J'avoue qu’il m’est difficile de dire à qui il s’adresse. Mais c’est un peu ce que je m’étais dit avec les autres titres de l’autrice qui navigue entre deux eaux avec succès touchant aussi bien les ados que les adultes.

Alors, je dirais que ce livre est pour : 

Ceux et celles qui aiment la magie, surtout celle qui est secrète et cachée.
Ceux et celles qui aiment l’Histoire.
Ceux et celles qui aiment les romans atypiques et les histoires capillotractées (enfin pas tant que ça ;-)
Ceux et celles qui aiment les bons mots et l’humour bien particulier de Clémentine Beauvais.

Et pour ceux et celles qui cherchent un roman qui n’en est pas vraiment un.
 

Coup de cœur !
Collection
Editeur
Public
Date de sortie
Nombre de pages
320
Prix
17.00 €
Langue
Français

#VosCommentaires

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